L’interview engagée du Crédit Mutuel - Entretien avec Jean-Christophe Brugeron

Publiée le 29/10/2026

Adhérent du CREPI Auvergne depuis moins d’un an, Jean-Christophe Brugeron dirige la Caisse du Crédit Mutuel à Clermont-Ferrand. Une structure à taille humaine de 10 collaborateurs mais portée par des valeurs mutualistes fortes, qui ont rendu l’adhésion au CREPI presque évidente. Rencontre avec un directeur qui, quand il s’engage, va jusqu’au bout.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre entreprise ?

Je suis directeur de la Caisse du Crédit Mutuel de Montferrand, un quartier de Clermont-Ferrand. Nous avons 10 collaborateurs. Ce qu’il faut savoir sur le Crédit Mutuel, c’est que chaque caisse est juridiquement indépendante : elle a son propre Kbis, son propre compte de résultat. C’est une petite entreprise à part entière, qui peut décider librement de ses partenariats.

Chaque caisse fonctionne aussi avec un conseil d’administration composé de sociétaires-clients : un chef d’entreprise, une avocate, un salarié de chez Michelin, un salarié de la CPAM… L’idée, c’est que ce conseil soit un reflet de nos clients et de la société locale. Et c’est précisément par l’une de ces administratrices que j’ai connu le CREPI.

Le Crédit Mutuel est une banque mutualiste. En quoi cela change-t-il votre rapport à l’engagement sociétal ?

C’est fondamental. Au Crédit Mutuel, nous n’avons pas d’actionnaires à rémunérer. 15% de notre résultat est réinvesti : dans une fondation qui soutient les Restos du Cœur, la Banque alimentaire, la lecture dans les milieux défavorisés ; dans des start-up de la transition écologique ; et dans des produits destinés aux publics les plus fragiles. Le Crédit Mutuel est aujourd’hui le premier mécène privé de France, avec près de 611 millions d’euros réinvestis chaque année.

Rejoindre le CREPI, c’était la suite logique de tout ça. Nous avons une vraie appétence pour la diversité, la mixité, l’inclusion. Le CREPI répond à ces valeurs-là.

Comment s’est faite concrètement votre rencontre avec le CREPl ?

C’est une de mes administratrices qui a eu recours aux services du CREPI dans le cadre d’une réinsertion professionnelle. Elle m’a dit : « Jean-Christophe, ça pourrait être intéressant pour nous de rejoindre le CREPI ». J’ai rencontré la responsabl du CREPI, Sarah, à Clermont-Ferrand. Nous avons échangé et l’adhésion s’est faite quasiment dans la foulée, en moins d’un mois. Quand quelque chose a du sens, il ne faut pas tarder.

Votre caisse n’est adhérente d’aucune autre association de ce type. Pourquoi le CREPI a-t-il fait la différence ?

J’avais par le passé fait partie de clubs d’entreprises dont la finalité est exclusivement le business : se recommander des affaires. Le CREPI, c’est différent. Il y a bien sûr une dimension club, du relationnel mais il y a surtout une dimension sociétale et humaine. On est vraiment dans l’accompagnement de personnes. Et si, par mon action, mon appui, je peux permettre à quelqu’un de retrouver le chemin de l’emploi, c’est une belle victoire. Clairement.

Quelles actions menez-vous concrètement avec le CREPI ?

Je participe aux CREPI Time : des conférences avec des intervenants extérieurs sur des sujets qui concernent tous les chefs d’entreprise. Les risques psychosociaux, la problématique du recrutement… Suivies d’un temps d’échange informel, toujours très riche.

Mais l’action qui me tient vraiment à cœur, c’est le parrainage. J’accompagne aujourd’hui Rémi. Une collègue du CREPI accompagne de son côté une jeune femme en reconversion dans les ressources humaines. Nous avons facilité l’accès à un stage pour elle dans notre service RH au siège. C’est ça aussi que je veux faire : ouvrir des passerelles concrètes, faire découvrir le milieu bancaire à des personnes qui n’y auraient pas forcément accès.

Pouvez-nous en dire plus sur Rémi ?

Rémi est quelqu’un qui a décroché pendant le COVID. Il s’est complètement refermé, limite dépression. Depuis 2020, il n’a pas retrouvé le chemin de l’emploi. Aujourd’hui, il essaie de rebondir dans le commercial, un domaine qui n’est pas sa formation initiale. Mon rôle, c’est d’échanger avec lui quand il en a besoin, de prendre de ses nouvelles, de le motiver, de voir où il en est. Il est déjà suivi par un conseiller RSA, mais je lui apporte quelque chose en plus. Une présence différente, une perspective de l’intérieur du monde de l’entreprise.

Il n’a pas encore retrouvé d’emploi mais il avance. Son principal frein, c’est la peur du "non", la peur d’aller déposer un CV, de faire une candidature spontanée. Dans le pire des cas tu auras un non, mais on ne va pas te jeter. C’est ça qu’il faut retrouver, la confiance. Rémi a plein de qualités. J’aimerais vraiment qu’il puisse retrouver du travail.

Vous êtes entré rapidement au conseil d’administration du CREPI Auvergne. C’était une évidence pour vous ?

Oui, parce que quand je m’investis dans quelque chose, je le fais jusqu’au bout. Ça ne m’intéresse pas de participer et de venir une fois tous les six mois en spectateur. J’ai pris la décision de rejoindre le CREPI en assumant pleinement ce que ça implique. Donc quand le CREPI a proposé des candidatures pour le Conseil d'Administration, j’ai posé la mienne. Si on s’investit, c’est pour s’investir pleinement.

Au-delà de l’engagement humain, qu’est-ce que le CREPI apporte concrètement à votre caisse et à vous en tant que directeur ?

Il y a le volet humain, bien sûr. Mais il y a aussi la dimension réseau. Le CREPI me permet d’être en contact avec d’autres chefs d’entreprise du territoire, d’échanger, de me confronter à d’autres réalités. Et dans notre métier, créer du relationnel avec des entrepreneurs locaux, c’est aussi utile pour comprendre leurs besoins et mieux les accompagner. C’est une double valeur ajoutée.

Ce qui est intéressant aussi, c’est que chaque caisse reste libre de ses choix d’engagement. Notre directeur général nous laisse toute latitude là-dessus. J’en ai référé à la RH, qui m’a donné son feu vert. C’est un équilibre intéressant : une liberté locale, dans le cadre de valeurs communes à tout le groupe.

Que diriez-vous à une entreprise pour la convaincre de rejoindre le CREPI ?

Je lui dirais que le CREPI répond à une double attente. D’une part, créer du lien avec d’autres chefs d’entreprise : on a toujours besoin d’échanger, de se confronter à d’autres réalités, et ça peut aussi générer des opportunités. D’autre part, et surtout, s’inscrire dans une démarche où l’on aide les autres.

Dans un monde de plus en plus égoïste, les entreprises qui s’investissent et qui, par leur investissement, peuvent aider les autres, donnent un autre sens à leur action. Et aussi à leur vie. C’est ce que le CREPI m’apporte, et c’est ce que je dirais à n’importe quelle entreprise qui hésiterait à franchir le pas.