L’interview engagée d'Oceania Hotels - Entretien avec Gianluca Pasca

Publiée le 23/09/2026

Membre du CREPI Finistère depuis 2021, Gianluca Pasca dirige les deux hôtels Oceania de Quimper qui emploient ensemble une trentaine de collaborateurs. Engagé sur son territoire aussi bien dans les écoles hôtelières que dans les associations professionnelles locales, il nous raconte un engagement concret, ancré dans l’action et porté par une conviction simple : faire les choses avant de dire qu’on les a faites.

Pouvez-vous vous présenter et présenter votre entreprise ?

Je suis Gianluca Pasca, directeur des Hôtels Oceania de Quimper. Je dirige deux établissements : l’Oceania 4étoiles, qui compte 92 chambres, et l’Escale Oceania, 64 chambres. En titulaires, nous employons une vingtaine de personnes à l’Oceania et une bonne dizaine à l’Escale. Oceania Hôtels, c’est une trentaine d’établissements au total en France, avec un siège basé à Brest. Ma mission, c’est d’assurer la direction commune des deux hôtels : atteindre les objectifs financiers, garantir la satisfaction clients, et veiller au confort social de nos équipes.

Comment avez-vous connu le CREPI ?

J’avais pris contact en janvier 2020, mais le COVID a décalé mon entrée. Je suis membre depuis 2021. C’est un collègue, déjà au Conseil d’administration du CREPI, qui m’a parlé du réseau. Il avait identifié une concordance entre les valeurs humaines du CREPI et ma propre conception du monde du travail. Il avait raison.

Ce qui me fidélise, c’est que le CREPI permet d’échanger avec des personnes qui ne sont pas de mon secteur : on parle politiques RH, inclusion, fidélisation, égalité des chances, mixité sociale. Et surtout, on met en place des actions concrètes. C’est ce que je recherchais.

Quelles actions réalisez-vous avec le CREPI ?

On a participé à plusieurs types d’actions : des actions de parrainage sur plusieurs années, des travaux autour de la marque employeur, ou encore une action « RH incognito » où des collègues se sont rendus dans d’autres entreprises pour observer et partager leurs pratiques.

Cette année nous avons réalisé l’Hôtel éphémère. Il y a deux ans, nous avions déjà participé au Restaurant éphémère. Cette année, on est passés à l’échelle de l’hôtel entier. Le concept : des personnes sans expérience dans l’hôtellerie prennent en main l’établissement pendant une journée, guidées par nos chefs de service. Les « clients », eux, étaient de vrais professionnels (directeurs d’hôtel, de camping, d’office de tourisme), c’est-à-dire des employeurs potentiels. L’idée est de tester en réel les capacités des candidats, sans passer par le circuit classique CV → entretien. Puis, en fin de journée, un job dating permettait aux employeurs de prendre contact directement avec les participants, en conditions réelles.

Ces actions ont-elles mobilisé vos salariés ? Qu’en pensent-ils et qu’en retirent-ils ?

Complètement. Toutes les personnes de mon staff ont participé à l’Hôtel éphémère. Coacher des gens qui ne connaissent pas du tout le métier, les rendre opérationnels en une demi-heure, c’est un peu stressant ! Mais en fin de journée, mes équipes étaient très émues, presque la larme à l'oeil. C’était un bon moment d’échange.

C’est aussi très valorisant pour eux. On parle souvent de l’hôtellerie-restauration comme d’un secteur peu valorisé. Là, ça donne une belle image du métier, et ça se voit. La vidéo réalisée lors de l’événement en est un bon témoignage.

Avez-vous déjà recruté grâce au CREPI ?

Oui, et avec de très belles histoires. À l’issue du Restaurant éphémère il y a deux ans, j’ai recruté Liséa, qui n’avait jamais fait de service. Aujourd’hui, elle fait toujours partie de notre équipe. Suite à l’Hôtel éphémère de cette année, j’ai embauché Diane, une jeune femme en reconversion professionnelle. Elle a fait toute la saison jusqu’à fin août. On l’aurait voluntiers gardée, mais elle a choisi de poursuivre des études car on lui a donné l’envie. 

Elle n’avait aucune expérience en restauration. Grâce au partenariat avec la Mission locale, on a mis en place une immersion professionnelle de deux semaines après l’Hôtel éphémère, pour qu’elle puisse vraiment voir comment ça se passait au quotidien. Au bout de deux semaines, elle s’est dit : c’est là que je veux être. Elle a fait toute la saison. On a créé une vocation.

Ce qui m’a aussi touché, c’est que les participants de l’Hôtel éphémère (des gens qui ne se connaissaient pas) ont gardé contact entre eux. Diane me demandait encore des nouvelles de certains, qu’elle avait juste croisé une journée. Ça dit quelque chose sur la qualité de ces moments.

Je sais aussi qu’il y a eu des recrutements dans d’autres établissements suite à ces événements. Le format fonctionne.

Participez-vous à la vie du Club du CREPI ?

Je ne suis pas membre du bureau, mais j’essaie de contribuer activement à la vie du réseau. Pour moi, l’engagement ne passe pas forcément par un titre : il passe par les actions qu’on met en place et par la présence qu’on a sur le terrain.

On fait des opérations avec les CREPI et de nombreux acteurs, et on participe aussi à des ateliers de management avec des thématiques spécifiques. La dernière fois, on était avec des DRH pour réfléchir ensemble : comment renverser les tendances ? Quelles nouvelles idées pour fidéliser les talents ? On travaillait en sous-groupes, mélangés entre secteurs, et chacun apportait sa vision. Et il y a des idées qui fonctionnent dans le sens large, indépendamment du secteur.

C’est ça que j’aime dans la vie du club : on n’est pas entre pairs du même métier, on croise des regards différents. Et ça, c’est précieux.

Êtes-vous engagé dans d’autres structures ? Que trouvez-vous au CREPI que vous ne trouvez pas ailleurs ?

Je suis très actif dans les écoles : l’UBO, le lycée hôtelier de Quimper, les CFA, l’AFPA. Beaucoup de nos recrues aujourd’hui sont d’anciens stagiaires ou des personnes rencontrées via des partenariats école. Je suis aussi président des Hôteliers de Quimper et membre des Dirigeants Commerciaux de France. Le volet social est présent dans tous ces espaces.

Ce que je trouve au CREPI et pas forcément ailleurs, c’est le mélange des secteurs et la dimension action. On ne reste pas à parler de l’insertion en théorie : on met en place des choses concrètes, sur le terrain. Et on le fait avec des gens qui viennent d’horizons très différents, ce qui enrichit vraiment les échanges.

Que diriez-vous à une entreprise pour la convaincre de rejoindre le CREPI ?

Je lui dirais que ça permet de se poser les bonnes questions et de sortir de son quotidien. Quand on a la tête dans le guidon, on n’est pas toujours les mieux placés pour prendre du recul. Si on est dans l’échec, il faut peut-être changer d’approche, innover, faire les choses différemment. Le CREPI, c’est un espace pour ça.

Et puis, je dirais aussi : venez pour le plaisir. On passe la moitié de notre vie au travail, autant le faire avec de l’humour et de la légèreté. On passe toujours de bons moments avec le CREPI. C’est du partage, c’est de l’entraide : on vide son sac, et les autres se mettent autour de la table pour dire : voilà ce qu’on ferait à ta place. Ça, ça n’a pas de prix.