L’interview engagée de La Maison d'Annie - Entretien avec Florence VICHI

Publiée le 26/01/2026

À Saint-Victor-sur-Loire, la Maison d’Annie incarne bien plus qu’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Porté par l’Association CAEFPA, structure à but non lucratif régie par la loi 1901, cet EHPAD place depuis sa création les valeurs de partage, d’entraide et de considération au cœur de son projet. Un investissement quotidien au service du bien vivre et du bien vieillir, rendu possible grâce à l’implication conjointe des équipes, des bénévoles, des administrateurs et des partenaires. C’est dans cet esprit que nous avons discuté avec Florence Vichi, Directrice de la Maison d’Annie, afin d’échanger sur leur engagement au côté du CREPI Loire et Haute-Loire et les défis d’un lieu de vie profondément tourné vers le bien-être des résidents et de l’ensemble des professionnels qui les accompagnent.

Comment avez-vous connu le CREPI ? Pourquoi vous engagez-vous avec le CREPI Loire et Haute-Loire ?

Nous avons connu le CREPI Loire et Haute-Loire il y a 2 ans et demi. Tout a commencé car je suis convaincue que ce sont les rencontres qui font des projets, des innovations et des changements. Parce qu'un bon projet part de l'humain avant tout, c'est ce qui est rassurant aujourd'hui. On adhère à une communauté car nous partageons les mêmes valeurs, et c'est ce qui s'est passé avec le CREPI. Notre entreprise ne peut pas travailler sans lien, si on veut aller plus loin. Nous avions ce besoin d'être intégré dans un territoire, de partager, de voir au-delà de notre coeur de métier. Même si avec le CREPI on ne propose pas les mêmes services, on peut s'inspirer les uns des autres, que ce soit dans le management ou le recrutement. Il faut partager nos pratiques, puis c'est plutôt simple et inspirant.

Quelles actions avez-vous réalisé avec le CREPI Loire et Haute-Loire ? 

Il y a plusieurs actions, que ce soit des rallyes pour l'emploi ou faire des mini-conférences dans l'établissement pour présenter notre activité à des gens qui sont en réinsertion. On a aidé des demandeurs d'emploi à créer des liens avec des gens qui parlent de leur métier. Ces gens ont des perceptions et des a priori sur les EHPAD, donc on essaye de les casser. On est très touchés par les problématiques d'insertion donc on a aussi intérêt à être ouvert par la richesse de tous les métiers qu'il y a dans notre secteur et de les partager parce qu'on est en difficulté aussi. Nos ressources en termes de recrutement, ce sera aussi des gens qui sont en reconversion, dans la réinsertion, qui penseront pas à nos métiers d'abord, donc il faut absolument aller capter celui qui cherche, celui qui veut changer, celui qui ne sait pas. Parce qu'on n'arrivera pas à répondre à tous les besoins d'accompagnement dans les années à venir. Parce qu'il n'y aura pas assez de monde pour s'occuper de ces personnes âgées qui vont avoir besoin d'aide, de service, d'accompagnement, de plein de choses.

Aujourd'hui, s'occuper du grand âge, ce n'est pas forcément être à côté d'une personne âgée, ça peut être créer une application facilitante pour l'établissement, faire de la manutention, de la réparation dans les chambres. C'est répondre à un service, un besoin. Ce n'est pas forcément être aide-soignant ou infirmier.
C'est s'occuper des besoins d'une manière très globale.

Ces actions ont-elles mobilisés vos salariés ? Qu’en pensent-ils et qu'en retirent-ils ?

Oui, plusieurs de nos salariés ont pu présenter leurs métiers. En maison de retraite, on pense tout de suite soignants, mais il y a des cuisiniers, il y a des agents d'entretien et autres, et j'ai une belle histoire à ce propos. C'était un jeune qui était en difficulté, il était très surpris quand le technicien de maintenance lui a expliqué ce qu'il faisait, son métier. Il a eu un moment de réalisation, il trouvait que c'était bien de faire des réparations dans les chambres, d'être en lien avec une équipe. Il ignorait qu'il y avait tout ça dans notre établissement. Il a discuté longuement avec le technicien. Le CREPI nous a permis de créer ce moment, une rencontre entre quelqu'un qui va inspirer un jeune avec sa trajectoire professionnelle, et c'est ça l'objectif. Savoir ce qu'on a envie de faire, ce qu'on est capable de faire, c'est compliqué, il y a tellement de choses, tellement de métiers. C'est bien qu'il y ait des guides quelque part pour orienter. Que des gens en réinsertion aient accès à ces gens du terrain.

Et les gens du terrain se sentent complètement valorisés en plus. Dans tous les secteurs d'activité, on voit que le métier phare et puis on oublie qu'à côté il y a tout un tas de métiers différents et qui peuvent être accessibles justement. Le technicien avait une sensation de valorisation. Savoir que son métier peut inspirer des jeunes et intéresser d'autres personnes. Et souvent les gens ont envie de parler de ce qu'ils font de leur métier. C'est des moments qui sont beaux. Le technicien de maintenance en tout cas je pense qu'il s'en souvient. 

Des moments de rencontres, c'est ce que vous étiez venu chercher avec le CREPI ?

Je pense qu'au début, je ne savais pas trop quelle forme ça allait prendre ! Quand on rejoint une association, une communauté, on ne sait pas forcément au départ, mais on ressent quelque chose. On ressent des valeurs communes. C'est aussi se demander "qu'est-ce que ça peut nous apporter et qu'est-ce que je peux apporter ?". Cela faisait aussi partie de nos missions, de notre direction, d'ouvrir et de valoriser nos métiers. On a des enjeux de recrutement. Et parce qu'il faut être honnête, on n'est pas forcément hyper attractif, donc on recrute en permanence. Avec le CREPI, on a réussi à faire des stages de découverte. On l'a fait avec des personnes qui sont en difficulté par exemple, qui n'ont pas le permis, qui n'ont pas de voiture. Notre établissement est situé en dehors de l'agglomération donc ça n'a pas aboutit à quelque chose de longue durée, mais il y a la possibilité de les mettre en contact avec d'autres établissements de santé en ville. Donc on aide le secteur quoi qu'il arrive.

Que diriez-vous à une entreprise qui hésite à rejoindre le CREPI ?

Pourquoi hésiter ? En fait, il n'y a rien à perdre. Il n'y a pas de risque, ça peut forcément nous apporter. Même si je pense que parfois, au départ, il faut faire des choses sans savoir tous les tenants et les aboutissants. Je répondrais simplement : Qui n'a pas envie de valoriser l'image de son activité, de ses métiers, de les partager, d'être attractif. Je pense qu'on a tous besoin de ça.