L’interview engagée de La Maison d'Annie - Entretien avec Florence VICHI

Publiée le 30/01/2026

À Saint-Victor-sur-Loire, la Maison d’Annie incarne bien plus qu’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Porté par l’Association CAEFPA, structure à but non lucratif régie par la loi 1901, cet EHPAD place depuis sa création les valeurs de partage, d’entraide et de considération au cœur de son projet. Un investissement quotidien au service du bien vivre et du bien vieillir, rendu possible grâce à l’implication conjointe des équipes, des bénévoles, des administrateurs et des partenaires. C’est dans cet esprit que nous avons discuté avec Florence Vichi, Directrice de la Maison d’Annie, afin d’échanger sur leur engagement au côté du CREPI Loire et Haute-Loire.

Comment avez-vous connu le CREPI ? Pourquoi vous engagez-vous avec le CREPI Loire et Haute-Loire ?

Nous avons connu le CREPI Loire et Haute-Loire il y a 2 ans et demi. Au départ, ma conviction :  ce sont les rencontres qui font les projets, les innovations et les changements. Parce qu'un bon projet part de l'humain avant tout, c'est ce qui est rassurant aujourd'hui. Nous avons adhéré au CREPI car nous partageons les mêmes valeurs. Notre entreprise ne peut pas travailler sans lien, si on veut aller plus loin. Nous avions ce besoin d'être intégré dans un territoire, de partager, de voir au-delà de notre cœur de métier. Même si avec le CREPI on ne propose pas les mêmes services, on peut s'inspirer les uns des autres : que ce soit dans le management ou le recrutement. Il faut partager nos pratiques. Et puis, c'est plutôt simple et inspirant.

Quelles actions avez-vous réalisé avec le CREPI Loire et Haute-Loire ? 

Il y a plusieurs actions : des rallyes pour l'emploi ou des mini-conférences dans notre établissement pour présenter notre activité et nos métiers à des personnes en recherche d’emploi. Souvent, ces dernières ont des perceptions et des aprioris sur les EHPAD qu’on essaye de casser en montrant la richesse de nos métiers.

C’est aussi notre intérêt. Nous avons des difficultés de recrutement dans le secteur. Nos ressources en termes de recrutement, ce sont aussi des gens qui sont en reconversion, dans l’insertion… mais qui ne pensent pas spontanément à nos métiers. Il faut absolument aller capter la personne qui cherche, qui veut changer, qui ne sait pas. Parce qu'on n'arrivera pas à répondre à tous les besoins d'accompagnement dans les années à venir. Parce qu'il n'y aura pas assez de monde pour s'occuper des personnes âgées qui vont avoir besoin d'aide, de services, d'accompagnement, de plein de choses….

Aujourd'hui, s'occuper du grand âge, ce n'est pas forcément être à côté d'une personne âgée. Ça peut être créer une application facilitante pour l'établissement, faire de la manutention, de la réparation dans les chambres. C'est répondre à un service, à un besoin. Ce n'est pas forcément être aide-soignant ou infirmier. C'est s'occuper des besoins d'une manière très globale.

Ces actions ont-elles mobilisés vos salariés ? Qu’en pensent-ils et qu'en retirent-ils ?

Oui, plusieurs de nos salariés ont pu présenter leurs métiers. En maison de retraite, on pense tout de suite soignants ; mais il y a des cuisiniers, des agents d'entretien et autres.

A ce propos, j'ai une belle histoire, avec un jeune qui était en difficulté. Il était très surpris quand le technicien de maintenance lui a expliqué ce qu'il faisait, son métier. Il trouvait que c'était bien de faire des réparations dans les chambres, d'être en lien avec une équipe. Il ignorait qu'il y avait tout ça dans notre établissement. Ils ont discuté longuement. Notre technicien s’est senti valorisé de savoir que son métier peut inspirer des jeunes et intéresser d'autres personnes. Souvent, les gens ont envie de parler de ce qu'ils font dans leur métier. Ce sont de beaux moments. Notre technicien, en tout cas, je pense qu'il s'en souvient !

Le CREPI nous a permis de créer ce moment, une rencontre qui va inspirer un jeune dans sa trajectoire professionnelle, et c'est ça l'objectif. Savoir ce qu'on a envie de faire, ce qu'on est capable de faire, c'est compliqué. Il y a tellement de choses, tellement de métiers. C'est bien qu'il y ait des guides pour orienter. Que des personnes en insertion aient accès à ces gens du terrain. Et pour nos équipes terrain, c’est super valorisant en plus !

Dans tous les secteurs d'activité, on ne voit que le métier phare et on oublie qu'à côté, il y a tout un tas de métiers différents qui peuvent être accessibles justement.

Des moments de rencontres, c'est ce que vous étiez venu chercher avec le CREPI ?

Je pense qu'au début, je ne savais pas trop quelle forme ça allait prendre ! Quand on rejoint une association, une communauté, on ne sait pas forcément au départ ; mais on ressent quelque chose. On ressent des valeurs communes.Il faut aussi se demander "qu'est-ce-que ça peut nous apporter, et qu'est-ce-que je peux apporter ?". Cela fait partie de nos missions, de notre direction, d'ouvrir et de valoriser nos métiers. On a des enjeux de recrutement. Et parce qu'il faut être honnête, on n'est pas forcément hyper attractif, donc on recrute en permanence. Avec le CREPI, on a réussi à faire des stages de découverte. On l'a fait avec des personnes qui sont en difficulté : par exemple, qui n'ont pas le permis, qui n'ont pas de voiture. Notre établissement est situé en dehors de l'agglomération ; donc ça n'a pas abouti à quelque chose de longue durée. Mais il y a la possibilité de les mettre en contact avec d'autres établissements de santé en ville. Donc on aide le secteur quoi qu'il arrive.

Que diriez-vous à une entreprise si vous deviez la convaincre de rejoindre le CREPI ?

Pourquoi hésiter ? En fait, il n'y a rien à perdre. Il n'y a pas de risque, ça peut forcément vous apporter. Même si je pense que parfois, au départ, il faut faire des choses sans savoir tous les tenants et les aboutissants. Je répondrais simplement : Qui n'a pas envie de valoriser l'image de son activité, de ses métiers, de les partager, d'être attractif ? Je pense qu'on a tous besoin de ça.